• Initiation aux écritures anciennes

    Pas de panique ! Ce n'est qu'un tigre de papier...

     

    Cette très modeste initiation à la paléographie est très largement inspirée des conseils de Vincent LÉCUYER d'après ceux de Joël BRISMALIN. Qu'ils en soient ici vivement remerciés tous deux ainsi qu'Alain DELEZENNE.

     

    Elle ne saurait initier aux différentes écritures qui se sont succédées au long de plusieurs siècles sans oublier les variantes locales mais il devrait suffire à encourager et à tirer d'affaire le généalogiste débutant confronté pour la première fois aux écritures anciennes. Ensuite, il surmontera les difficultés sans trop de peine au fur et à mesure qu'il les rencontrera en remontant dans le temps.

     

    1. Les actes paroissiaux commençant par la date

    le premier écueil sera de la lire correctement.

    Si Febvrier, Apvril, Juillette, Aoust ne présentent pas de problèmes particuliers, il n'en est pas de même de

    7bre = septembre (et pas juillet) 

    8bre = octobre (et pas août) 

    9bre = novembre (et pas septembre) 

    Xbre = décembre (et pas octobre) 

     

    Les différences de date portant sur deux mois relevées sur Internet résultent de cette méconnaissance.

    Pour ceux qui douteraient encore, il est facile de constater qu'on ne rencontre au grand jamais XIbre ni XIIbre.

     

    2. Transcrire les formules rituelles ou traditionnelles en début et fin d’acte

    pour se constituer une banque de données, histoire de se faire une idée de l’écriture du greffier :

     

    16. Initiation aux écritures anciennes

    BMS Fiennes Archives départementales du Pas-de-Calais.

    Cliquez dans l'image pour l'agrandir.

     

    « Lan de grace 1678 et le sixiesme Juin

    apres La publica[ti]on de bans de mariage

    entre antoine  ??? 

     

    Écritures anciennes mais aussi orthographe ancienne (et parfois pittoresque) et mots anciens (souvent savoureux), tombés en désuétude mais rien d'insurmontable.

     

    3. Quelques règles simples

    règle n° 1 : on oublie TOUT ce qu'on sait de l'écriture moderne à laquelle on est habitué : plus aucun a priori, sinon presque tout sera faux ; c'est comme ça qu'on prend un "s" pour un "f", un "e" pour un "o", etc..., ce qui empêche de reconnaître un mot ou un patronyme pourtant répandu ou familier. 

    règle n° 2 : apprendre à reconnaître les formes anciennes des lettres les plus courantes : le "e" qui s'écrit à l'envers du nôtre (on en a 2 ici), les différentes formes du "s", le "c" qui ressemble à notre "r".

    règle n° 3 : les accents sont presque tous absents, mais pas les points, toujours présents sur les "i" et les "ÿ", et parfois les "ü".

    règle n° 4 : certains mots sont surmontés d'un symbole horizontal, signe d'une abréviation ; extrêmement courant sur quelques noms communs (prestre, paroisse, témoins, publication, etc ...), rarissime sur les noms propres.

    règle n° 5 : après avoir mis en place les éléments indiscutables... il faut parfois littéralement deviner les manques, seul moyen : recouper avec plusieurs actes, et/ou reconnaître un patronyme familier en se basant uniquement sur sa phonétique, pas sur son orthographe

     

    4. Exemple 

    Ce sera le patronyme (à décrypter plus haut) parce que les noms propres (et les noms de lieux) constituent la principale difficulté.

    16. Initiation aux écritures anciennes  

     

    16. Initiation aux écritures anciennes  

    après "nettoyage"

    16. Initiation aux écritures anciennes

    sans oublier la marque ou la signature à la fin de l'acte. 

    Remarquer la graphie légèrement différente. 

     

    Lettres faciles à reconnaître (avec l'habitude) :

    16. Initiation aux écritures anciennes "h

     

    16. Initiation aux écritures anciennes les deux "e", avec leur forme très caractéristique à bien mémoriser (en miroir de notre écriture). 

     

    16. Initiation aux écritures anciennes "q", donc obligatoirement suivi d'un "u". 

     

    Attention !

    Une même lettre peut prendre des formes différentes dans un même texte comme ici le "e" déjà vu et le "q".

    Le "q" de la signature se présente comme notre "g" moderne.

    On note la présence d'un point unique qui surmonte la fin du mot, signe de la lettre "i".

    Cette lettre n'étant sans doute pas finale, on la place donc après le "u".

    On a donc pour le moment HE...EQUI...

    Il reste  16. Initiation aux écritures anciennes   au milieu et  16. Initiation aux écritures anciennes   à la fin.

     

    Et maintenant, le jeu du pendu...  

    Lettres déjà trouvées : E, H, I, N, Q, U 

    Lettres encore à proposer : 

    Par élimination, ce ne peut guère être autre chose que des "n" ou des "m"

    et par habitude des patronymes régionaux (répertoriés dans les tables), on obtient... HENNEQUIN.

     

    Initiation aux écritures anciennes

     

    5. Cohérence obligatoire !

    Pour les autres mots, il est évident que le texte, laborieusement décrypté, doit avoir un sens. Sinon, on recommence ! La difficulté dans ce cas sera souvent d'acquérir  des mots ou expressions disparus de notre vocabulaire...

     

    6. Rappel 

    S'il ne fallait conseiller qu'un seul livre pour aller loin, ce serait celui-là ! 

     

    Dictionnaire de paléographie française 

    Découvrir et comprendre les textes anciens (XVe-XVIIIe siècles)

     

    Nicolas BUAT, Evelyne VAN DEN NESTE

    Seconde édition.

    Une approche novatrice qui manquait encore. Bien qu'érudit par son niveau d'exigence, il ne se veut pas un dictionnaire de langue mais d'écriture, privilégiant les mots courants, c'est à dire les plus négligemment tracés, souvent abrégés et posant souvent problème. Il se feuillette avec plaisir et aide réellement à trouver le renseignement dont on a besoin pour lire les textes anciens.

     

    025 Petite bibloigraphie : les utilitaires 

    Consultable en salle de lecture des AD59.

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    Vincent LÉCUYER est animateur sur GenNPdC du secteur du Boulonnais en débordant sur celui du Calaisis. Son arbre sur GenNPdC, en perpétuel changement au gré de l'avancée de ses travaux, est une mine pour ceux qui sont originaires de cette région.

    Joël BRISMALIN, après une longue expérience aux "Amis du Vieux Calais", se consacre actuellement au dépouillement du notariat de Saint-Omer qui déborde très largement de la ville pour nous faire bénéficier de ses transcriptions, relevés et trouvailles diverses sur son blog jobris.

    Alain DELEZENNE, généalogiste professionnel, ne manque jamais de rappeler, à juste raison que, la transcription achevée, le texte, même ancien, doit avoir du sens. Sinon,... On recommence !


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