• Nouvelles perspectives

    Remettre l'ouvrage sur le métier

    Nous avons patiemment remonté toutes les branches, branchettes et brindilles de notre arbre qui finissent par se perdre dans le ciel. Nous avons accroché le maximum de feuilles mais nous n'en trouvons plus. Est-ce à dire que notre généalogie est terminée ? Certainement pas.

    D'abord, comme il est démontré tout au long de ce blog, il reste à exploiter à fond les actes déjà en notre possession : les classer chronologiquement, s'attacher à tous les intervenants, au moindre détail, confronter, recouper, comprendre, analyser,... Il y a là matière à raconter des pans de vie de prime abord insoupçonnés.

    Ensuite, il est nécessaire d'illustrer, ne serait-ce que pour visualiser, réaliser, imaginer le cadre de vie : photos d'objets, de monuments et de lieux historiques, de cartes postales anciennes, de tableaux,... 

    Enfin, il faut en savoir davantage au moins sur la vie de nos ancêtres, voire de la fratrie, ce qui nous amènera souvent à les replacer dans leur époque en reprenant et en approfondissant nos connaissances en histoire et plus particulièrement en histoire locale. Personnellement, je me suis ainsi intéressée de près à la découverte du charbon dans le Nord de la France, au commerce des grains et à la vie artistique à Douai à la fin du Moyen-Âge, aux guerres de religion et à la répression exercée par le duc d'Albe, à la reconquête du Calaisis en 1555, aux censiers et meuniers, etc... aux enfants trouvés et au phénomène de la sorcellerie ! J'espère bien faire encore bien d'autres excursions dans le passé.

    Et ce n'est pas fini ! Qui n'est pas tombé avec frustration sur des archives détruites lors des dernières guerres ou de la Révolution, d'archives d'Outre-mer qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous ou de documents incommunicables car trop abîmés par divers parasites. Il ne faut pour autant pas croire que les archives se réduisent inéluctablement comme peau de chagrin parce que d'autres arrivent à notre disposition, certaines attendues et d'autres parfaitement inattendues. Les dépôts d'archives planifient le versement systématique des fonds provenant des notaires et diverses Administrations dont les hôpitaux et les services fiscaux très riches en renseignements souvent inattendus.

    Plus encore, on retrouve parfois avec satisfaction des archives qui auraient dû être détruites mais qui, remisées dans des endroits parfois improbables, ont échappé à un triste sort. D'autres n'ont tout simplement jamais été inventoriées pour diverses raisons. Et d'autres encore réapparaissent après des périples abracadabrastesques...

    Un frein inacceptable ! 

    Un mot en passant sur les vols de registres : nous connaissons une commune du Pas-de-Calais et une paroisse du Nord qui se sont ainsi fait subtiliser respectivement deux volumes et un tome qui étaient bien entendu en simple exemplaire. Et on ne compte plus les actes notariés qui ont disparu de leur liasse. Un généalogiste digne de ce nom ne saurait être un voleur. Ses aïeux sont aussi ceux de ses innombrables "cousins" avec qui il lui serait beaucoup plus profitable d'échanger, de partager que de s'approprier et détenir égoïstement un magot. Un vrai généalogiste, au contraire, n'hésite jamais à signaler aux dépôts d'archives des vieilles paperasses, photos, cartes postales qui semblent dignes d'intérêt découvertes suite à un décès ou au fond d'une boutique, sur une brocante ou sur le trottoir juste avant le passage des éboueurs ! Enfin, il faut être stupide de croire qu'il est possible en étant malin de s'approprier tout ce qui intéresse. "Qui vole un oeuf vole un boeuf" et amène à s'enhardir mais ce qui peut réussir quelques fois finit par échouer... Les lois de la statistique... Et la Justice ne plaisante pas avec le bien public. Alors si certains pouvaient prendre conscience de leurs méfaits et restituer discrètement leur(s) larcin(s)...

    Venons-en enfin à...

    Une découverte inattendue

    Parmi un fond récemment versé, il arrive que les archivistes fassent des trouvailles imprévues.

    Qui aurait pu imaginer que des fonctionnaires aient pu recenser dans les années 30 (1930-1933) des demandes de cartes d'anciens combattants de la guerre de... 1870 ?

    C'est pourtant ce que révèlent deux volumes versés aux AD59 portant la cote 2368W108. Le premier concerne les anciens militaires dont le patronyme commence par les lettres allant de A à H et le suivant de H vers M inclus, le travail étant malheureusement resté inachevé.

    Contrairement aux deux guerres mondiales qui ont suivi et faute de ressources archivistiques suffisantes, cette guerre de 1870 - qui fut brève - est relativement mal connue. En particulier, nous savons peu de choses sur les hommes engagés dans ce conflit. Aussi tout document les concernant est le bienvenu. Mais le plus surprenant est que les demandeurs, nés dans les années 1840-1850, étaient alors largement octogénaires voire nonagénaires, ce qui, à une époque de moindre longévité, est remarquable.

    Alors, que trouve-t-on dans ce registre ?

    Des renseignements, certes limités aux extrémités de la vie, mais qui peuvent nous être décisifs pour relancer les recherches. 

    Chaque ancien combattant est identifiable sans ambiguïté grâce à ses nom, prénom(s), lieu et date de naissance.

    Nous découvrons alors quelle était son adresse en fin de vie. Reste à vérifier s'il s'agit de son propre domicile ou de celui de l'un de ses enfants. Il faut remarquer qu'il y est probablement décédé mais que, son état se dégradant, il peut aussi avoir été transporté à l'hôpital le plus proche.

    Nous avons un élément précieux pour accéder aux documents militaires le concernant. En effet, on ne les trouve pas toujours à partir des coordonnées de naissance.

    Enfin, nous avons des dates fiables pour cerner au plus juste la date du décès, certains demandeurs n'ayant pas achevé la procédure tandis que d'autres ont obtenu la carte convoitée. Le numéro étant fourni, il sera intéressant de la consulter au cas très vraisemblable où elle porterait une photo d'identité.

    Le cliché est certes émouvant et c'est une raison suffisante pour le rechercher mais il pourra aussi aider à situer des photos de famille trop souvent dépourvues de la moindre indication.

     

    Tout arrive à point à qui sait attendre...

     

    Il faudra encore comprendre le pourquoi de ces demandes si tardives. J'ai immédiatement posé l'hypothèse que ces cartes offraient quelque avantage aux combattants de 1914-1918 et qu'elles ont été élargies aux survivants de 1870. Le Journal Officiel fournirait évidemment la réponse mais il est beaucoup plus simple et plus rapide de rechercher un site fiable sur Internet.

    Ainsi en tapant dans Google "ancien combattant 1870" on trouve notamment sur le site des AD de Haute-Provence : 

    http://www.archives04.fr/r/88/10-000-anciens-combattants-1864-1933-/

    qui fournit toutes les explications souhaitables et dans lequel on lit que "L’administration a dû répondre à une forte demande durant une période assez courte. En effet, le droit à la délivrance de la carte est ouvert en 1928. Il est intéressant de noter que les cartes de 1914-1918 ont été délivrées en masse de 1928 à 1930 alors que pour les conflits antérieurs (et donc des hommes plus âgés), c’est entre 1930 et 1932 que celles-ci ont été remises à leurs détenteurs."

    De leur côté, les AD du Maine-et-Loire ont fait un point très complet sur l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de leur département qui donne une idée de la richesse et de la variété de ce fonds qui donnera certainement aux généalogistes l'envie de connaître les répercussions des guerres sur leurs ancêtres :

    https://francearchives.fr/findingaid/6915e7b2833d4f2783e6da2f5cdd42082340b853

    Et en cliquant sur l'onglet "Images", on aura un aperçu significatif de ces cartes et bien plus encore.

    Libre à chacun de poursuivre les investigations à sa guise... 

    Guetter de nouvelles sources

    Peu à peu des archives deviennent consultables, dévoilant leur richesse considérable suite à l'extension de l'Administration et au perfectionnement de leur tenue. Un monde passionnant s'ouvre aux généalogistes su XXIe siècle.

    Avant de terminer cette sensibilisation aux prolongements généalogiques, je tiens à remercier le personnel des Archives départemental du Nord qui ne manque pas de nous signaler aimablement toute source enfin accessible et susceptible d'intéresser celles et ceux qui viennent consulter les originaux ainsi que les associations qui se chargent de les faire connaître et - dans la mesure où elles ont des bénévoles - de donner un aperçu ou accès plus ou moins exhaustif à leur contenu à travers leurs publications et leurs sites.


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