• Sexisme ordinaire…

    L'égalité entre les femmes et les hommes, "grande cause du quinquennat" 2017-2022 wink2

    L’affaire, elle, se situe en 1737.

     

    Maître Jacques GOSSELIN, procureur d’office de l’abbaye de St Sépulcre poursuit en justice François JOCAIL(L)E demeurant à St Hilaire devant le bailli et hommes de fief de l’abbaye de St Sépulcre à Cambrai pour scandale et diverses voies de fait.

    Une enquête est diligentée…

     

    Comme chaque année, les paysans apportent et font mesurer leur redevance en blé due à l’Église et aux pauvres. Selon la tradition, les paysans se rendent dans l’église où les attendent le curé, le mayeur et le marguillier chargé des comptes de l’Église pour vérifier la qualité et la quantité du blé et enfin déclarer le redevable quitte de ses obligations.

    Mais quand François JOCAIL(L)E qui vient de St Hilaire arrive avec sa cargaison, il constate que le curé est absent et il apprend que la séance de contrôle est reportée au lendemain !

    François est fort contrarié.

     

    Pas question d’attendre le lendemain ! Une journée et une nuit à l’auberge coûtent cher, il faut garder le précieux chargement à l’œil et en période de récolte, le travail urge à la ferme.

     

    060. Sexisme ordinaire…

     

    Pas question non plus de perdre au moins une demi-journée à faire un aller et retour supplémentaire ni de mobiliser une mule ou un chariot et un cheval durant tout ce temps-là.

     

    François s’énerve. Il s’en prend au mayeur qu’il somme de mesurer immédiatement le grain. Impossible ! Si la procédure n’est pas respectée, elle n’est pas valable… Peine perdue, François ne veut rien entendre. Le ton monte. Les témoins diront que François « criait » « criaillait » et « parloit comme femme » (sic). Dans une église, lieu consacré, cela ne se fait pas…

     

    Le mayeur plonge cependant la main dans le sac de grain dudit JOCAIL et constate que le blé est encore humide et donc « point recevable ».

     

    060. Sexisme ordinaire…

     

     C’en est trop ! François s’en prend alors à Alexandre SOREAU, le marguillier qui partage sans doute l’avis du mayeur. L’altercation est vive : François devient menaçant et invite son contradicteur à vider leur querelle dans le cimetière. Là non plus, cela ne se fait pas... 

     

    Il devra certainement faire amende honorable envers les édiles (mais pas envers les femmes !), payer les frais de procès et verser une amende aux pauvres…

     

    AD59 Cumulus RDC 131-34


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :