• Un abandon d'enfant à Valenciennes en 1758

    Quand l’enfant paraissait, il rencontrait souvent une indifférence qui semble inconcevable aujourd’hui. À peine baptisé, Talleyrand est confié à une nourrice et sa mère ne prend de ses nouvelles, quatre ans plus tard, que parce qu’elle a perdu son fils aîné. Exceptionnel ? Au contraire, la mise en nourrice est courante, sauf dans les campagnes. Pire, l’abandon, quoique mal vu, n’est pas rare. C’est seulement en 1762 que Jean-Jacques Rousseau propose dans l’« Emile » le modèle familial basé sur l’amour maternel. Mais dans les « Confessions », il se justifie d’avoir abandonné tous les enfants que Thérèse lui a donnés : « Je me dis, puisque c’est l’usage du pays, quand on y vit, on peut le suivre » et persiste : « Tout pesé, je choisis pour mes enfants le mieux ou ce que je crus l’être. J’aurais voulu, je voudrais encore avoir été élevé et nourri comme ils l’ont été. ».

    A contrario, l'affaire CANTRAINE qui suit illustre parfaitement les différents aspects du drame qu'une naissance illégitime pouvait causer dans une famille paysanne.

    Le 21 novembre 1758, lorsque le procureur d’office et le bailli d’Hasnon apprennent que « Marie Anne Joseph Cantraine serait accouchée le 6 du présent mois d’un enfant illégitime sans qu’il apparaisse au vrai ce que la mère en a fait et ce qu’il est devenu », ils suspectent d’autant plus un infanticide que la grossesse n’a pas été déclarée. L’édit de Henri II de février 1556, édit qui ne semble pas avoir été appliqué avec rigueur, enjoignait à toute fille ou femme qui n’était pas en puissance de mari de faire connaître son état au plus tôt afin de prévenir avortements et infanticides.

    Le jour même, le bailli, assisté de son greffier, interroge longuement la présumée coupable. Sa famille, réputée complice, sera entendue dès le lendemain matin (E 1271/2 aux AD59).

    Marie Anne Joseph Cantraine, malgré ses trente-trois ans passés, est encore fille à marier. Elle vit chez ses parents à Hasnon avec ses frères et sœurs : Léonard, ouvrier, trente-cinq ans, Firmine, trente et un ans, Pierre Antoine, ouvrier du lin, vingt-sept ans passés, et Marie Joseph, couturière en blanc, vingt-cinq ans, tous enfants de Nicolas, ménager, soixante-seize ans, et de Marie Claire Biseau, soixante-huit ans. Il est évident que les Cantraine éprouvent des difficultés à marier leurs enfants.

    L’interrogatoire de Marie Anne Joseph Cantraine

    Après serment de dire la vérité, Marie Anne Joseph reconnaît avoir mis au monde un garçon le six novembre, vers dix heures du matin, en présence de sa mère et de Fermine et Marie Joseph, ses deux sœurs. Elle n’a été assistée d’aucune accoucheuse, d’aucun chirurgien « pour tâcher de mettre son honneur a couvert ». Elle prétend « qu’elle ignorait même d’être enceinte malgré les signes de grossesse qu’elle avoit remarqué et les demandes que sa mère luÿ fit au sujet parce qu’elle attribue l’état où elle se trouvait à des causes naturelles ». Elle explique que toute sa famille a résolu d’envoyer l’enfant à Valenciennes « affin de soustraire toutes connoissances de cet accident aux habitants du lieu », que le lendemain, Pierre Antoine et Marie Joseph ont transporté l’enfant « enveloppé de linge et d’une couverture avec une serviette pour le soutenir » chez Madame Le Blan accoucheuse. Moyennant la somme de trois Louis, la matrone a accepté de le faire baptiser et acheminer vers l’Hôpital des Enfants-Trouvés de Paris. Le soir même, vers neuf heures, le nouveau-né a donc été baptisé en la paroisse St Géry à Valenciennes, comme enfant illégitime de Jacques Dupont et de Marie Louise Delcauchie. Pour conclure, Marie Anne Joseph ajoute qu’elle attend « de jour en jour des nouvelles de l’emplassement de son enfant » comme lui a promis ladite Le Blan.

    049. Un abandon d'enfant à Valenciennes en 1758

    Mais Marie Anne Joseph n’a pas révélé qui était le père de l’enfant. Le bailli insiste. Elle finit par lâcher son secret : « elle ne peut dire n’ÿ nommer l’homme des œuvres de qui procede cet enfant parce que aÿant été il ÿ a neuf à dix mois à Valenciennes pour ÿ acheter des fillets et boutons pour son usage attendu qu’elle est couturière en blanc elle trouva a son retour de Valenciennes à Hasnon elle trouva a son retour deux hommes qui l’abordèrent au dela de Vicoigne pour entrer dans le bois avec lesquels elle causa quelques tems en marchant, que l’un des deux hommes s’avança seul dans le chemin pendant qu’elle resta avec l’autre en arrière ils se reposèrent et s’assirent ensemble dans le bois et quoÿ que la comparante se deffendit contre l’ardeur et l’empressement de cet homme pendant quelques tems elle sy laissa malheureusement entraîné et livré de façon qu’elle peut affirmer que c’est des œuvres de cet homme qu’elle fut enceinte de l’enfant qu’elle a mis au monde, qu’elle se trouve obligée d’avouer qu’elle a commis cette faute parce qu’elle étoit un peu en boisson d’avoir bu tant a Valenciennes que chez la veuve Pauquet en passant lors de son retour a Vicoigne pour retourner a Hasnon, nous aÿant au surplus assuré de ne point connoitre l’homme avec lequel elle a eu affaire et qu’elle ne l’a pas revu depuis que luÿ a paru aussÿ lors, qu’il c’etoit un peu pris de boisson et qu’elle a bien du regret de s’être aussÿ inconsidérément livrée ».

    Le bailli se demande si Marie Anne Joseph n’a pas fait endosser cette paternité par d’autres. Elle répète « que ce fut pour mettre son honneur a couvert » qu’elle a fait baptiser son enfant sous de faux noms, précisant que le parrain est Hanneton, clerc de la paroisse de St Gery a Valenciennes, et la marraine la fille de ladite Le Blan. Elle ajoute que sa déposition pourra être confirmée par l’extrait baptistaire, par l’accoucheuse et par ceux ou celles qui ont transporté l’enfant à l’hôpital à Paris « et c’est meme de quoy elle s’offre a rapporter les actes et certificat necessaires au plustot possible ». Enfin, elle signe avec application chaque page de sa déposition : marianne ioesph cantrainne.

     

    049. Un abandon d'enfant à Valenciennes en 1758

     

    Un faux

    Le lendemain 22 novembre, un prêtre de St Géry délivre un extrait de baptême. Il est truffé d’inexactitudes et de fausses déclarations. On laisse même entendre que l’enfant est né à Valenciennes : « L’an mil sept cent cinquante huit le sept novembre fut baptisé pierre Antoine joseph, né hier à onze heures du soir fils illegitime de … et de Marie Louÿse Cauchÿ native et Residante a la Croisette proche st amand, libre, la sage femme Caroline Leblanc rue du verger, laquelle nous a declaré que la ditte Cauchÿ lui avoit affirmé par les serments ordinaires dans les maux que son enfant estoit des œuvres de jacqs noel dupont libre Resident au même endrois, parin jean Baptiste henneton Clerc de cette paroisse, Marene Caroline Leblan sage femme susditte estoient signés Cleblanc pour ma mère, jBhenneton – n demourin vic » Le généalogiste retiendra que dans certaines situations, les pistes sont volontairement brouillées même si les noms et lieux ne sont pas choisis tout à fait au hasard.

    Surpris ?

    Ce même jour, le bailli interroge successivement Marie Claire Bisau, Léonard et Marie Joseph Cantraine. Pierre Antoine témoigne le 24. Nicolas et Firmine, pourtant présente lors de l’accouchement, ne sont pas entendus, ce qui laisse supposer que le père était très diminué par l’âge et que sa fille pouvait être simple d’esprit. Le bailli vérifie ensuite toutes ces dépositions à travers le témoignage de l’accoucheuse, Marie Françoise Legrand, cinquante ans, femme d’Antoine Leblanc, et celui de Marie Joseph Caroline Le Blanc agée de vingt trois ans, sa fille à marier. Toutes ces déclarations confirment les dires de l’accusée. Elles semblent sincères et pleines de bonne volonté, mais il peut s’agir aussi d’un discours habilement concerté pour éviter tout risque de poursuite judiciaire. En effet, Marie Anne Joseph est une fille intelligente : elle est la seule de sa famille à savoir signer. Même si elle écrit « joseph » dans le désordre, elle possède une réelle maîtrise de l’écriture et par conséquent de la lecture.

    Marie Claire Binau raconte que sa fille « Se trouva fort Incommodée en Se plaignant d’un grand Mal de Rain que Sur Le matin ille apparu que Sadite fille étoit enceinte et alloit accoucher ». Elle se dit surprise, prétendant avoir ignoré que sa fille fût enceinte. Elle l’a accouchée « Sans que personne ne Le Sache » et, l’enfant ayant pleuré à sa naissance, elle lui a « Seulle donné Le Secours qu’elle a pû Luÿ donner ». Elle « reprocha a L’Instant » à sa fille de lui avoir caché son état et lui demanda « de qui elle avoit eu et qui Luÿ avoit fait Cet Enfant ». Marie Anne Joseph a répondu « qu’elle n’avoit pas Crû elle meme d’Etre enceinte » et a avoué sa furtive rencontre.

    Il est difficile de déterminer si Marie Anne Joseph Cantraine a fait un véritable déni de grossesse ou si elle a pris le risque de cacher son état et prémédité, voire préparé l’abandon de son enfant. Si, même accidentellement, il était décédé à la naissance, sans baptême et s’il n’avait pas été inhumé chrétiennement, elle aurait encouru à coup sûr la peine de mort. Léonard et Pierre Antoine disent avoir ignoré la grossesse de leur sœur et appris avec surprise la naissance de l’enfant à midi, de retour de leur travail. Peu vraisemblable de la part de campagnards à l’œil exercé. On a franchement peine à croire que la mère, qui avait suspecté la grossesse de sa fille, se soit contentée de ses explications, au point d’être stupéfaite quand l’accouchement s’est déclenché, d’autant plus que certains villageois, qui ont suscité l’enquête, ne s’y sont pas trompés. Quoi qu’il en soit, ces dépositions décrivent comment l’abandon était organisé.

    Une filière de l’abandon

    Atterrées, Marie Claire Binau et sa famille cherchent « Le moÿen pour Tacher de Couvrir L’honneur » de Marie Anne Joseph « d’Eloigner Secrettement Cet Enfant ». Marie Joseph révèle que les préoccupations financières ne sont pas absentes : il faut une accoucheuse qui se contente d’une somme modique pour se charger de l’enfant, le faire baptiser et conduire à Paris. Pierre Antoine part donc pour Valenciennes où il se renseigne auprès de diverses personnes. On lui indique Madame LeBlanc, accoucheuse. Il lui propose « de se charger d’un Enfant dont une fille de Sa connoissance etoit accouchée » et qu’on lui apportera le lendemain de grand matin. Prudente, la matrone repond « qu’il falloit Savoir ce que c’Etoit de Cet Enfant S’il etoit en etat d’étre transporté Sans danger a… Son Bapteme ». Pierre Antoine avoue qu’il s’agit de sa sœur dont il veut « Sauver L’honneur et la reputation » « Surquoy la [sage-femme] luy dite qu’on pouvoit apporter Ledit enfant Le Lendemain matin, et qu’elle verroit a pouvoir Se charger du tout ». Rassuré, Pierre Antoine se trouve un cabaret où il passera la nuit.

    Marie Joseph relate comment vers trois ou quatre heures du matin, elle « Se Chargea dud Enfant qui etoit maliotté dans des Linges et une mauvaise Couverture Soutenu par une Serviette en dessous de Sa faille* ». Accompagnée de Leonard, elle arrive vers six heures et demie du matin à Valenciennes. Pierre Antoine est au rendez-vous, à l’entrée de la porte de Tournay. Il leur annonce qu’il a trouvé une accoucheuse. Léonard rentre à Hasnon, Pierre Antoine conduit aussitôt sa sœur chez l’accoucheuse à qui ils remettent l’enfant. On le déballe. La sage-femme et sa fille constatent que le garçon n’est « enveloppé que de [fort] mauvais lange, et dans une très mauvaise couverture Blanchatre et Bordée de Rayes Rouge qui paroissoit même étre un morceau de couverture Servante aux cheveaux ». Il « etoit presque nu et dont rien de ce qu’il avoit ne pouvoit Servir etant méme dans L’état ou il etoit née ». La matrone le trouve « tellement naissant quelle fut obligée de le Soigner et accomoder comme Sil ne faisoit que de venir au monde ». Elle veut connaître ses visiteurs, elle comprend, à leurs propos, qu’ils sont frère et sœur de l’accouchée et elle les interroge. « Après tous ces aveus et declarations », elle accepte de prendre en charge l’enfant « parmis la Somme de quatre Louis y compris toutes les nippes dont il falloit revestir cet Enfant ». Ils conviennent que l’enfant restera chez elle, ils arrêtent les modalités du baptême et du transport vers Paris. Marie Claire Biseau apprend au retour de ses fils et de sa fille ce qu’ils ont décidé pour l’enfant.

    C’est la fille de la sage-femme qui a porté elle-même l’enfant à l’église, a veillé à ce qu’il soit baptisé comme convenu et a été sa marraine, le parrain ajoutant le nom de Joseph, elle a ramené l’enfant chez sa mère où il est resté jusqu’au jeudi neuf à midi. Entre temps, Pierre Antoine est revenu seul chez l’accoucheuse apporter les quatre Louis convenus. Comme promis, celle-ci lui a remis le certificat, daté du treize novembre, que l’hôpital avait délivré à Jean Cirié qui a porté l’enfant à Paris. Pierre Antoine remet ce certificat au bailli qui le paraphe. Pour leurs dépositions, la sage-femme et sa fille ont « requis Salairs ». Le bailli les a respectivenent « taxé » de vingt et de seize patars.

    Le bailli a toutes les preuves que l’enfant a été baptisé puis confié, bien vivant, à une accoucheuse pour le remettre à un hôpital. Aucune charge ne peut donc être retenue contre la famille Cantraine. Mensonges ou pas, l’enquête est terminée.

    Marie Claire Binau est le chef de famille, elle semble avoir été l’instigatrice de cet abandon. Son premier réflexe est de dissimuler l’accouchement. On perçoit sa colère. Sa fille est déshonorée, elle veut connaître le responsable, espérant sans doute lui imposer le mariage. Ce n’est pas possible, elle improvise un conseil de famille, elle trouve des faux noms. Même si les Cantraine veulent débourser le moins possible, on peut écarter d’emblée tout motif économique car la pauvreté n’est jamais invoquée. L’obsession est de « couvrir l’honneur » de Marie Anne Joseph, de préserver ses chances de contracter un mariage. En deux heures environ, on met au point le moyen de se débarrasser discrètement du témoin vivant de la faute. L’abandon est si facile, cela se sait jusque dans les campagnes. De fait, Pierre Antoine trouve très rapidement une accoucheuse.

    Marie Françoise Legrand est une sage-femme jurée bien connue des Valenciennois. Le 17 mai 1742, elle et son mari se sont engagés à élever jusqu’à sa majorité Albert Joseph, un nourrisson trouvé deux mois et demi plus tôt à Douchy pour la somme – totale – de vingt-six écus à quarante-huit patars pièce (J 1586/40 aux AD 59). La somme semble mince. En effet, les mayeur et échevins évitaient, autant que possible, de faire supporter à la communauté villageoise l’entretien des enfants trouvés sur leur terroir. Spéculait-on sur le risque que l’enfant n’atteigne pas cet âge ?

    Il est difficile de comparer les « 26 écus à 48 patars pièce », soit 62 florins 8 patars, dont s’est contentée l’accoucheuse pour élever un nourrisson jusqu’à sa majorité et les « 4 louis » réclamés par cette même sage-femme pour vêtir et prendre en charge un nourrisson durant quelques jours et rétribuer un « meneur » pour le transporter à Paris. En principe, les 4 louis valent 76 florins 16 patars, mais on utilisait aussi des monnaies plus anciennes émises à des cours différents. La comparaison entre les deux sommes reste éloquente : on exploitait la détresse des femmes et filles « deshonorées ».

    Épilogue

    Savait-on que l’abandon à l’hôpital équivalait, dans la majorité des cas, à un « infanticide par procuration », dans la mesure où ces enfants étaient mis dans des situations telles que leurs chances de survie étaient faibles ? D’abord, ils sont fragilisés par les mauvaises conditions de la grossesse, de l’accouchement et le manque de soins attentifs. Ensuite, le transport est éprouvant. Il s’effectue à dos d’homme dans une boîte matelassée pouvant contenir trois nouveaux-nés ou sur des charrettes. Le meneur, payé à la course, ne s’arrête que pour ses propres nécessités. Il fait sucer aux nourrissons une éponge imbibée de lait. Nourriture inadaptée, manque d’hygiène, étouffement, accidents, selon la saison 5 à 10 % des enfants n’y survivent pas. Les rescapés sont accueillis à la maison de la Couche, rue Neuve-Notre-Dame, à côté de l’Hôtel-Dieu. Des nourrices, poussées par la misère, les y allaitent. Maladies, accidents, ils sont les plus mal soignés. D’après un témoignage de 1762, une visiteuse alarmée par l’état des bébés se serait entendue répondre par une religieuse « que ces enfants étaient bienheureux de mourir, qu’ils allaient jouir d’une éternelle béatitude ; et … il est bien à souhaiter aussi pour les gens de cet hôpital que tous les enfants qu’on y apporte n’y vivent pas longtemps, parce que ses revenus ne seraient pas suffisants pour nourrir tout le monde », ce qui reflète une opinion trop répandue. La mortalité est effrayante : à Paris, plus de 80 % des bébés abandonnés n’atteignent pas leur première année. On ne peut donc qu’être pessimiste sur le sort de Pierre Antoine Joseph « Dupont ».

    Au plan social, la famille Cantraine décline progressivement. Nicolas, le père, s’était marié une première fois en 1721 avec Jeanne Brigitte Baudry, une jeune veuve d’Hasnon pourvue de deux fils. Il s’était engagé par contrat de mariage à les élever et entretenir jusqu’à l’âge de vingt ans et payer à chacun cinq cents livres de fourmorture, somme importante pour un manouvrier, fournir une vache à chacun quand ils prendront état honorable et les vêtir comme de coutume. Ces dispositions laissent supposer que Jeanne Brigitte Baudry jouissait de quelques biens. Elle laisse Nicolas veuf quelques mois après la naissance de leur fille Marie Angélique qui s’était mariée à l’âge de vingt et un ans en 1742 sans difficulté apparente. Veuf, Nicolas se remarie en 1723 avec Marie Claire Bisiau. Elle n’est pas un parti avantageux : elle n’est pas originaire d’Hasnon, elle est orpheline, simple fileuse, elle approche de ses trente-cinq ans et elle est bien près d’accoucher de surcroît.

    En 1758, Nicolas n’est pas encore parvenu à trouver alliance pour les six enfants de ses secondes noces. Le scandale provoqué par Marie Anne Joseph éclabousse la fratrie, prolongeant leur célibat. Léonard et Marie Joseph semblent avoir quitté Hasnon. Firmine, à l’âge de trente-six ans, se résigne à épouser un veuf chargé de trois enfants. Pierre Antoine doit attendre encore douze ans pour se marier. Quant à Marie Anne Joseph, elle convole à quarante-trois ans avec un orphelin d’Orchies, issu d’une famille de boulangers, de vingt ans son cadet. Le couple a un fils deux ans plus tard. Précoce, il se marie à l’âge de seize ans et quatre mois avec Rose Elisabeth Davrinche, native de Givenchy le Noble. Il devient père cinq mois plus tard. Ces diverses péripéties montrent que « l’accident » survenu à Marie Anne Joseph s’inscrit dans une marginalisation progressive de la famille Cantraine qui ne parvenait plus à maintenir sa position et à sauvegarder ses intérêts dans le village.

    * jupe

     

    Extraits d’un article publié dans « ACCORD PARFAIT » n° 27, bulletin de l’association ARPÈGE.

    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Remerciements :

    à M. Serge DORMARD qui a bien voulu se pencher sur le problème des monnaies.


  • Commentaires

    1
    germinal59
    Lundi 27 Octobre 2014 à 14:30

    je recherche la date de mariage de marie josephe cantraine avec francois cousin de landrecies.

    ils ont eu un fils pierre joseph,né a valenciennes st géry.

    pouvez vous m'aider

    merci

    2
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 06:58

    Bonsoir,

    Je ne peux malheureusement pas vous être d'une grande aide car je connais mal les BMS de Landrecies et de la région. Vous pouvez poser la question sur les sites GenNPdC ou Geneachtimi ou encore consulter - après inscription - la base Genealo de Paul POVOAS.

    Sans oublier de donner une fourchette approximative de la date de leur mariage calculée selon la période de fécondité de l'épouse !

    Êtes vous absolument certain(e) que c'est le même couple qui a un enfant à Valenciennes et qui vit à Landrecies ?

    Bonnes recherches.

    3
    GERMINAL59
    Mardi 4 Novembre 2014 à 10:32

    LA CANTRAINE DONT JE VOUS PARLE EST LA SOEUR DE MARIE ANNE.ELLE EST DECEDEE A ST GERY EN 1766

    ELLE S'EST MARIEE ENTRE 1759 ET 1765.mais ou?

    4
    Samedi 8 Novembre 2014 à 22:27

    Bonjour,

    Vous me dites que celle que vous recherchez est soeur de celle que j'ai étudiée. En avez-vous la preuve ?

    Quoi qu'il en soit, je ne peux que vous répéter de consulter le site de Paul POVOAS : Genealo.net. En haut à droite, vous verrez Généalonautes ... Pour consulter les bases de données INSCRIPTION GRATUITE et sur le côté gauche, BASE GENEALO - Nord Liste des mariages. Si vous le la trouvez pas là, alors il faudra envisager que le mariage n'a pas peut-être pas eu lieu.

    Je veux bien vous faire partager mes connaissances que j'ai acquises petit à petit et vous conseiller mais c'est à vous de faire vos recherches.

    Cordialement

     

    5
    germinal 59
    Samedi 17 Janvier 2015 à 13:31

    bonjour monsieur

    je viens de trouver que :leonard cantraine (° 11/12/1723 A HASNON )s'est marié le 02/06/1762 a escaupont avec catherine josephe debérieux.

    page 103/104 des archives départementales du nord

    bien cordialement

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :