• VÉ.RI.FI.EZ !!!

    Quand on a exploité méthodiquement tout ce qui est logiquement possible à partir des actes fondamentaux et qu'on brûle d'envie de poursuivre plus avant ou quand on se heurte à une branche perdue de vue ou encore à un obstacle apparemment insurmontable, à une obscure énigme, on finit par se dire que quelqu'un doit bien détenir la solution quelque part et on se tourne vers d'autres arbres généalogiques au cas où... 

    Il est donc tenant de s'appuyer sur les travaux des généalogistes qui ont commencé avant nous et qui ont bien voulu publier sur Internet mais il ne faut pas tout prendre pour argent comptant...

    Il va de soi qu'il est préférable de s'en tenir à celles et ceux qui fournissent la transcription (copie fidèle à la virgule près) des actes ou au moins leurs sources (cote des documents originaux ou référence d'études universitaires, pas un renvoi vers un autre arbre quelconque !!) autres que les BMS qui se suffisent à eux-mêmes. Il est plus prudent de ne retenir que la parenté la plus proche possible des contributeurs. On fera volontiers confiance à ceux qui, outre la publication de leur arbre bien détaillé avec des fratries complètes et des descendances sur deux ou trois générations voire plus en cas de dispense de consanguinité, apportent aussi des réponses bien étayées sur les sites de discussion

    Évidemment, plus ou remonte dans le temps, plus il est difficile de récupérer ses propres brindilles dans le fouillis des arborescences parfois farfelues ou mythiques.

    On ne s'attardera pas ici sur les erreurs vénielles faciles à corriger. Les plus courantes sont les confusions entre dates de contrat de mariage et de mariage encore faut-il s'assurer que les noces aient eu lieu, entre dates de décès et d'inhumation ou dates de naissance et de baptême. Rien qui soit susceptible de remettre les filiations en cause.

    J'ai ainsi correspondu il y a quelques décennies avec un gentil vieux monsieur qui m'a harcelée pour savoir précisément si son aïeule était née un 31 décembre 1699 ou un premier janvier1700 (Cela ne s'invente pas). Il a usé et abusé de ma patience avant d'admettre qu'elle était née le 31 décembre et baptisée le lendemain... Maintenant que les BMS sont en ligne, je l'inviterais à vérifier par lui-même et lui conseillerais peut-être bien de s'initier à la paléographie...

    On n'oubliera jamais de faire quelques petits calculs pour évaluer la cohérence des propositions. On considérera qu'une femme peut, à quelques années près, avoir des enfants de 18 à 43 ans, que son partenaire a un âge en rapport s'ils en sont à leur première union mais qu'il peut être en âge d'être son père ou son grand-père s'il est veuf et ce d'autant plus s'il est matériellement aisé et/ou notable mais on peut aussi tomber sur des Pygmalionnes (ou des cougars...).

    J'ai ainsi un aïeul - vrai cas d'école - probablement bien fait de sa personne et bon travailleur, qui en premières noces a épousé à l'âge de 20 ans une veuve de 45 ans... sur le point d'accoucher. C'était sa patronne qui était veuve et censière... Devenu quadragénaire, il s'est raisonnablement remarié avec une quadragénaire qui ne lui a pas donné d'enfant. Le temps passant, sexagénaire, censier et mayeur de son village en pleine expansion mais ayant perdu sa fille unique issue de ses premières noces, il a voulu d'autres enfants et il s'est fait plaisir en convolant avec une demoiselle dans sa vingtième année. Ses qualités de reproducteur vraisemblablement amenuisées, sa pauvre femme a eu deux fois plus d'enfants chétifs vite morts qu'elle n'en a gardé de vivants...

    On se méfiera des généalogistes foutraques qui recopient n'importe quoi, n'importe comment pourvu que "leur" arbre allonge ses branches... surtout s'il a quelque chance de se raccrocher à des personnages prestigieux. Méfiance... 

    Dans le genre, on rencontre parfois des femmes qui commencent à enfanter à quatre-vingts ans passés, un homme né trente ans après la naissance de sa fille, une femme déjà mère de famille et veuve depuis neuf ans à son mariage,... cas beaucoup plus fréquents qu'on ne le pense... si on se donne la peine d'y regarder de plus près.

    Un brave homme recherchait en vain un mariage censé avoir eu lieu au milieu du XVIIIe siècle à Guînes ou aux environs. Il était tombé sur une tribu plutôt soudée qui avait marié ensemble deux pauvres orphelins, enfants uniques et cousins éloignés de surcroît. Une dispense de mariage avait été accordée, malheureusement l'acte avait disparu mais il était facile à reconstituer grâce aux BMS et aux actes notariés. Le malheur a voulu qu'il y ait eu des "Jeanne" à tous les degrés et quelques "Antoine" disséminés. Notre questionneur avait joyeusement mélangé tout ce beau monde et le mariage qu'il réclamait était celui d'un homme mort avec sa bru ! Certains généalogistes âgés semblent malheureusement ne plus jouir de toutes leurs facultés mentales... Remettre les générations en ordre n'a pas été chose aisée car pas compris tout de suite ni admis facilement par tout le monde !

    Au-delà du XVIIIe siècle, les recherches se corsent... et les incohérences sont plus difficiles à détecter mais l'examen des pièces originales permet des déductions tout à fait fiables même à partir d'un indescriptible salmigondis.

    Le patronyme NÉRON ne peut laisser indifférent. C'est la découverte fortuite du livre de raison de Guillaume NÉRON, riche marchand entre 1623 et 1641 et échevin de Cambrai, époux de Quint(in)e CLAUWEZ qui a retenu mon attention (AD59 Cumulus 13212). Comme ce patronyme est peu porté, il est raisonnable de tenter de recenser ses porteurs pour ensuite étudier les différentes branches et si possible en raccorder quelques-unes.

    Surfant sur GénéaNet, je découvre un Michel (de) NÉRON, natif d'Haspres en 1612. Un frère cadet de Guillaume ? Voilà qui augmenterait la possibilité de trouver leurs parents !

     À Haspres, évidemment, il y a belle lurette que les actes de baptême ont disparu sans laisser de traces. Mais d'où peut donc provenir cette date ?

     

    VÉ.RI.FI.EZ !!!

    En fouillant dans les ressources bibliothécaires de GénéaNet, je trouve trace de d'un ou de ce Michel (de) NÉRON à Haspres mais en 1611. 

    VÉ.RI.FI.EZ !!!

    http://www.geneanet.org/archives/ouvrages/?action=search&book_type=ouvrages&rech=NEROU&book_lang=fr&lang=fr 

    Poursuivant la recherche, je trouve bien une autre mention en 1612, le 22 mars justement !

    VÉ.RI.FI.EZ !!!

    Voilà qui change tout : Michel (de) NÉRON, capitaine d'Infanterie wallonne n'est pas né en 1612 à Haspres mais il y possédait quelque bien et il est décédé entre 1611 et ce 22 mars 1612. Malencontreuse erreur...

    Une recherche aux AD59 dans les séries H (clergé régulier) et G (clergé séculier) me permet d'accéder à ces parchemins et à quelques autres.

    Je passe ensuite à son épouse.

    VÉ.RI.FI.EZ !!!

    Nouvelle distraction : la veuve est née 7 ou 8 ans après le décès (et non pas la naissance) de son époux !! 

    Je recommence les mêmes recherches aux AD59 pour tirer cela au clair. En 1617, Marie CRETON, veuve de Michel (de) NÉRON transige avec... Guillaume (de) NÉRON, époux de Quint(in)e CLAUWEZ (l'auteur du livre de raison !) notamment au sujet de sa fille mineure Jeanne (de) NÉRON.

    Au vu de cet acte, il y a de fortes probabilités que Marie CRETON soit la marâtre de Guillaume.

    Il ne reste plus qu'à réaliser une recherche classique dans les BMS, le tabellion et dans les séries H et G pour retrouver la trace du mariage de Jeanne en présence de Charles (de) NÉRON... qui a donné lieu à des déductions osées et d'autres actes.

    Et bien que le fonds de Cambrai ait péri dans les guerres, il reste un répertoire relativement détaillé mentionnant un procès entre membres de cette famille.

    Les élucubrations ne se sont pas arrêtées là... les vérifications, corrections et compléments non plus. Elles sont consignées dans le tableau suivant :

    VÉ.RI.FI.EZ !!!

    Il ne reste plus qu'à comparer la fiche GénéaNet et le tableau ci-dessus... On y retrouve bien les personnages figurant sur la fiche mais situés à un tout autre rang.

     

    Si après cela, d'aucuns ne sont pas convaincus de l'absolue nécessité de VÉ.RI.FI.ER, je ne peux malheureusement plus rien pour eux.


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